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Apprendre à donner des conseils que les gens suivront vraiment est une question d’empathie. Voici comment vous pouvez utiliser l’empathie pour donner des conseils aujourd’hui.

Si vous voulez apprendre à donner des conseils que les gens écoutent, vous pouvez faire deux choses:

  • Faites preuve d’empathie envers la personne et n’agissez pas comme un robot sans émotion.
  • Trouvez des personnes qui veulent écouter ce conseil.

C’est tout.

Si vous ne suivez pas ces étapes, vous aurez l’impression de donner des conseils à un mur de briques.

Système pour donner des conseils n°1 : Communiquez avec empathie

Bien que « traitez les autres comme vous voudriez être traités » a du sens à première vue, cela ne fonctionne vraiment que si vous supposez que les gens préfèrent plus ou moins être traités de la même manière.

Malheureusement, ce n’est pas toujours vrai. Et cela peut causer de sérieux problèmes de communication.

L’empathie est la capacité de comprendre et de partager les sentiments d’une autre personne. Les gens comptent beaucoup sur l’empathie dans la plupart des interactions.

Mais tout le monde n’a pas besoin d’empathie. Peut-être que vous faites partie des penseurs, des intellectuels, des raisonneurs, auquel cas vous avez très peu besoin d’empathie. Peut-être que vous n’avez pas besoin de vous sentir entendus ou compris pour communiquer avec quelqu’un. C’est d’ailleurs pour cette raison que vous avez du mal à comprendre le besoin d’empathie chez les autres.

La plupart du temps, la composante émotionnelle d’un problème tactique, tel que la perte de poids, vous semble évidente et un peu triviale. Bien sûr qu’on veut être en bonne santé et avoir fière allure. On le veut tous. Au lieu de cela, vous préférez passer directement aux solutions possibles.

Malheureusement, à moins que la personne qui reçoit le conseil s’avère être également un penseur, même la meilleure information que vous lui donnerez restera probablement ignorée.

Ce n’est pas que vous n’avez pas d’émotions ni d’empathie. En fait, dans une situation évidemment émotionnelle, telle qu’une mauvaise rupture ou la perte d’un être cher, vous pouvez être très empathique et être un(e) très bons ami(e).

La bonne nouvelle, c’est que la communication empathique peut s’apprendre. Avec la pratique, même les personnes les plus rationnelles peuvent faire preuve d’empathie dans des situations impliquant de donner des conseils.

Si vous êtes un penseur, je vous invite à développer votre empathie pour permettre à votre conseil d’atteindre plus de gens et d’avoir un impact beaucoup plus grand.

Voici les étapes essentielles pour une communication empathique:

Étape 1 : Écoutez attentivement le fond émotionnel de ce que quelqu’un dit

En tant que penseur, votre tendance naturelle est de prêter attention uniquement aux faits.

C’est excellent pour la résolution de problèmes, mais souvenez-vous que pour amener une personne à écouter vos conseils, vous devez également prendre en compte ses émotions et vous servir des vôtres.

Par exemple, quand quelqu’un dit: « J’aimerais vraiment perdre quelques kilos. »

Vous entendez: « J’ai besoin de méthodes pour perdre une quantité modérée de graisse corporelle. »

Alors que votre interlocuteur veut vraiment dire: « J’ai besoin de me sentir soutenu par X. »

Derrière les mots, il y a des émotions plus profondes qui ne peuvent pas être traitées par des méthodes, et votre travail consiste à les identifier.

Au lieu de directement lui donner vos conseils, essayez de découvrir ses espoirs, ses peurs et ses rêves.

Au lieu de : « C’est facile, il suffit de faire X. » Demandez : « Oh vraiment ? Qu’as-tu essayé ?

Écoutez les signes de peur, de frustration, d’espoir et d’autres émotions sous-jacentes. Faites attention aux mots que votre interlocuteur utilise, ainsi qu’au ton et au langage corporel si vous parlez en personne.

Parfois, les gens expliquent leurs peurs sans détour et disent des choses comme : « J’ai bien peur de devoir faire tout cet effort et d’échouer encore. »

La peur de l’échec est extrêmement courante et il est essentiel de savoir la reconnaître.

L’utilisation d’énoncés génériques commençant par « Je sais que je devrais… », « Je n’ai pas le temps… » ou « Je n’aime pas [une action générale]… » implique qu’il y a une peur ou une aversion qui se cache derrière ses mots.

De même, les déclarations de généralisation et l’utilisation de mots tels que « toujours » ou « jamais » impliquent des pensées sous-jacentes qui reflètent une émotion cachée. Continuez à demander « pourquoi ? » jusqu’à ce que vous obteniez une réponse.

Par exemple, si une femme vous dit qu’elle aimerait cuisiner des repas sains mais que c’est toujours trop de travail, vous lui demanderez pourquoi c’est si difficile. Peut-être que vous entendrez dire quelque chose comme : « Mon mari refuse de manger sainement, alors je suis obligé de préparer deux repas séparés si je veux bien manger. « 

Étape 2 : Identifiez l’émotion principale

D’après la réponse ci-dessus, vous pouvez deviner que la femme ne se sent pas appréciée, frustrée, impuissante ou peu sûre de ses compétences culinaires.

Une fois que vous pensez avoir une bonne idée de son état émotionnel, testez votre hypothèse en demandant directement:

« Mince alors, ça doit être frustrant. Pourquoi pensez-tu qu’il est si têtu? « 

« Je pense que c’est parce que sa mère était une cuisinière épouvantable. Il n’essaiera donc même pas de manger ce que je vais faire, sauf de la viande et des pommes de terre. Je pense bien cuisiner, mais il ne me laissera pas une chance. « 

Elle se sent frustrée et méconnue.

Étape 3 : Montrez-vous empathique

Une fois que vous avez découvert l’émotion essentielle, vous devez montrer que vous pouvez comprendre le sentiment. Vous pouvez le faire de plusieurs manières:

En miroir

Parfois, il suffit de répéter ou de «refléter» l’émotion pour démontrer votre compréhension.

Cela peut sembler très simple et inutile si vous êtes un penseur, mais c’est en fait incroyablement efficace. Si vous êtes novice en communication empathique, c’est l’endroit idéal pour commencer à pratiquer. Une fois que vous voyez à quel point cette technique peut être efficace, elle devient plus facile à utiliser dans les conversations de tous les jours:

« Tu es un grand cuisinier et il n’essaiera même pas. Cela doit être terrible. »

 » Oui, c’est vraiment blessant. »

Être vulnérable

Le fait de partager une expérience évoquant une émotion similaire constitue également un excellent moyen de montrer votre compréhension. Ça s’appelle la vulnérabilité.

La vulnérabilité est une forme plus avancée de communication empathique, mais c’est de loin la technique la plus efficace si vous pouvez la maîtriser.

Tout le monde a des histoires et des émotions qui se rapprochent de celles des autres. La difficulté pour un penseur est de se souvenir de partager l’émotion plutôt que la solution. Du point de vue de la personne en face, plus vous partagez, plus vous vous souciez:

« Mon père est pareil. J’ai fait les choux de Bruxelles les plus incroyables pour la Toussaint et il ne voulait même pas les toucher. C’était tellement bouleversant que je ne voudrais pas passer par là tous les soirs. »

 » Oui, c’est pas facile au quotidien. « 

Valider les émotions

Une autre façon de montrer votre compréhension est de valider les émotions en expliquant de manière logique comment vous pouvez voir son point de vue.

Les penseurs peuvent être assez doués dans ce domaine, car cela contribue à notre tendance naturelle à être rationnel. La principale différence ici est que nous nous concentrons sur l’émotion plutôt que de résoudre le problème:

« Tu fais tout ce travail de magasinage et de préparation de plats délicieux pour que vous puissiez prendre un dîner savoureux et sain, et il ne l’essayera même pas une fois. Ça ne te semble pas juste. Il devrait au moins te donner une petite chance et essayer de manger un peu mieux. Après tout, tu fais ça que parce que tu l’aimes. « 

 » Totalement. Je ne comprends pas pourquoi il ne voit pas ça. « 

Notez que cette technique fonctionne même si vous n’êtes pas d’accord avec l’analyse de la personne. Cependant, expliquer que vous comprenez comment ils en sont arrivés là peut créer le lien émotionnel nécessaire. Vous pouvez travailler sur la correction de sa logique une fois la connexion établie.

Étape 4 : Retenez votre jugement

Si vous êtes un penseur, vous savez probablement quel était le problème de la personne dès les premiers instants de la conversation. Cependant, il est essentiel que vous reteniez jugement sur les actions, les sentiments ou les objectifs de l’autre personne, sinon elle vous exclura immédiatement.

Dans l’exemple ci-dessus, la femme en question se serait immédiatement renfermé si vous lui aviez dit : « Arrêtes d’utiliser le mot sain, personne ne veut manger des aliments « sains ». Tu penses que ça te mènera quelque part avec lui ? Sûrement pas. »

Et vous auriez reçu la réponse prévisible:

“ Hmmm… je ne sais pas. Je ne pense pas qu’il ne mange jamais les légumes que je prépare. « 

Pire aurait été si vous aviez jugé ses sentiments:

« Ne te sens pas mal avec lui, tu sais ce qui est le mieux. Donnes-lui ce que tu veux et s’il n’aime pas, il peut cuisiner lui-même. « 

 » Hmmm… peut-être.  » répondra-t-elle. Alors qu’elle pense en silence : Je ne veux absolument pas compromettre mon mariage pour une stupide assiette de brocoli. Ce gars n’a aucune idée de quoi il parle.

Dire aux gens qu’ils ont tort a l’effet inverse de l’empathie et leur indique plutôt qu’ils ne sont pas compris. Si vous souhaitez être un communicateur utile et efficace, vous devez résister à l’envie de vous précipiter vers le jugement.

Étape 5 : Donnez des conseils

Une fois que vous avez écouté attentivement la situation de la personne et démontré que vous comprenez ses émotions sans exprimer de jugement, vous pouvez commencer à donner des conseils avec soin.

Les personnes à faible émotion ont tendance à penser que l’aide qu’elles ont à offrir est la partie la plus importante de la conversation et aiment l’offrir immédiatement.

Mais quelqu’un sera beaucoup plus susceptible d’écouter et d’accepter vos conseils si vous établissez d’abord une connexion émotionnelle, plus profonde.

Soit dit en passant, si vous êtes une personne empathique et vous conseillez un penseur, n’hésitez pas à sauter les étapes 1 à 4 et à passer directement au conseil. Le penseur appréciera d’avoir directement la solution.

Système pour donner des conseils n°2 : Demandez-lui « À quel point veux-tu savoir ? »

Ce n’est qu’un système que vous pouvez utiliser pour donner des conseils. Le prochain système implique des personnes exigeantes qui vous écouteront de la part des autres.

Certaines ont juste appris suffisamment pour être imposantes (en général, des personnes qui viennent juste d’apprendre le paléo, l’haltérophilie, les finances personnelles ou la religion). Ils ont déjà décidé de changer de vie. Ils croient donc que tout le monde devrait les rejoindre. Sans se rendre compte que trois mois plus tôt, ils n’auraient pas voulu en entendre parler!

Alors, que faites-vous lorsque quelqu’un vous demande conseil?

Tout d’abord, résistez à la tentation de vous lancer dans la « simplicité» et la «facilité ». Si c’était facile, ils l’auraient déjà fait.

Deuxièmement, mesurez leur gravité. Est-ce qu’ils demandent juste à se plaindre? Veulent-ils simplement que vous leur disiez qu’ils vont bien (ce que nombre de personnes veulent: la validation). Ou veulent-ils réellement des conseils détaillés et spécifiques?

C’est pourquoi je vous invites à leur demander:

 » A quel point veux-tu savoir? »

Si leur réponse est autre chose que «Je suis prêt. Je ferai tout ce que tu me dis, c’est « qu’ils ne veulent pas de vos conseils. »

Il suffit de sourire et de dire: « Tu fais bien. Je suis sûr que tu vas t’en sortir. « 

Les personnes qui veulent vraiment des conseils diront un ensemble de mots très spécifique.

Par exemple

Supposons que quelqu’un vous demande comment vous avez perdu 20 kilos. Vous écoutez, inclinez la tête et dites: «Eh bien, je peux vous le dire. Par curiosité, à quel point veux-tu savoir? »

PERSONNE 1 : Je veux ! Je suis tellement occupé, mais j’espère pouvoir l’intégrer dans mon planning. Cette personne ne veut pas vraiment savoir comment quels exercices vous faites et vos nombres de répétitions.

VOTRE RÉPONSE : Je fais de la musculation et je fais attention à ce que je mange.

Un autre exemple

PERSONNE 2 : Ouais, j’aimerais savoir! Je suis ce gars sur Instagram et j’ai essayé un défi de 30 jours, mais je n’arrive pas à trouver la motivation…

VOUS : On dirait que vous vous en sortez bien! Continuez!

Cela peut paraître insatisfaisant de ne pas répondre à sa question, mais il ne veut pas vraiment de vos conseils techniques. Il veut se sentir encouragé.

Dernier exemple

PERSONNE 3: Je suis sérieux. J’ai essayé un régime diététique, j’ai fait un stage d’athlétisme, mais j’ai vraiment envie de savoir comment faire pour avoir tes résultats. Je ferai ce que tu as fait.

VOUS: Génial! Tu sais quoi? Commences par suivre ce régime alimentaire pendant une semaine et va à la salle deux fois la semaine prochaine. Peu importe ce que tu fais, vas-y. Envoies-moi un email dimanche prochain et on en parlera.

Remarquez deux choses avec le dernier exemple

  • Il semble rare que quelqu’un dise « Je suis sérieux. Je ferai tout ce que tu me diras. » Presque personne ne vous a jamais dit ça, parce que presque personne ne voulait vraiment recevoir vos conseils aussi poussés que possible. Les gens veulent se plaindre, ils veulent se sentir validés, mais moins de 1 sur 1 000 veulent réellement changer leur comportement. Une fois que vous aurez compris ça, vous serez plus compréhensif et empathique au lieu d’être frustré(e).
  • Même s’ils disent qu’ils veulent savoir à 100 %, vous ne connaissez toujours pas le pourquoi sont-ils vraiment intéressés. Vous leur faites une faveur en partageant vos conseils, et vous leur donnez une barrière mineure pour voir à quel point ils sont sérieux. Tout le monde peut  » dire  » qu’il est sérieux. Voyons maintenant s’ils vous envoient un mail dimanche. Ça c’est un exemple d’utilisation stratégique des barrières.

Conclusion

Vous pouvez donner aux gens les meilleurs conseils du monde, leur donner les meilleures méthodes, techniques et stratégies, cela ne fonctionnera pas tant que la peine de rester pareil l’emportera sur la peine de travailler et de changer.


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